[FEMME INSPIRANTE #21] Camille troque la housse d’ordi pour une trousse à outils.

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Camille troque la housse d’ordi pour une trousse à outils.

[FEMME INSPIRANTE #21 ] À 31 ans, Camille troque la housse d’ordi pour une trousse à outils. Après une première partie de carrière dans une grande agence de communication, elle s’apprête en effet à entrer en CAP Ebéniste pour débuter ensuite une toute nouvelle vie professionnelle. Entretien passionnant avec une femme en quête d’épanouissement, ayant décidé de suivre son intuition pour être en en accord avec ses valeurs.

Que faisiez-vous avant votre reconversion, Camille ? Quel était votre métier et dans quel secteur d’activité ?

J’ai travaillé huit ans en agence de communication, où mon rôle était de conseiller et d’accompagner mes clients dans leurs stratégies de notoriété ou de réputation. J’ai eu l’opportunité de travailler avec de nombreuses grandes marques et sur des évènements prestigieux.

Pourquoi avez-vous eu envie de changer ? Qu’est-ce qui n’allait plus dans votre situation ?

J’ai longtemps eu des doutes sur mon épanouissement réel dans ce métier, mais je les taisais parce que sur le papier j’avais tout pour être épanouie.
Le vrai déclic est arrivé lors d’une mission sur un événement international au summum du prestige et du glamour. C’était un projet très admiré et valorisé professionnellement, mais duquel je n’ai retiré aucune fierté personnelle.
J’ai compris à ce moment là que ma carrière prenait une direction qui s’éloignait de moi. À force de dire oui aux opportunités, je n’avais pas pris le temps de me demander si vraiment cela correspondait à ce que je voulais faire. Mon temps était alors accaparé par quelque chose qui ne m’épanouissait pas et cela devait changer.

Saviez-vous ce que vous vouliez faire d’autre ? Aviez-vous des idées de métiers, de secteurs ?

Je n’avais aucune idée de quoi faire d’autre ! J’ai enchaîné sans difficulté études, stages et CDIs, j’avais du mal à m’imaginer dans un cadre professionnel autre que celui qui m’avait formée et formatée depuis des années.
Le bilan de compétences a été décisif à ce moment de mon cheminement.

Camille, aviez-vous des craintes/des peurs, si oui lesquelles ?

J’étais pleine de peurs. Peur de me griller auprès de mon réseau, peur de ne plus réussir à faire semblant, peur de continuer à faire semblant, peur de porter atteinte à ma santé mentale, peur de perdre mon confort matériel, etc… J’étais perdue.

Qu’est-ce qui vous a aidé à franchir le cap et de faire un bilan de compétences ?

J’ai abordé le bilan de compétences comme un accompagnement sans engagement. Je n’attendais pas une illumination soudaine, je souhaitais avant tout être rassurée sur ma légitimité professionnelle.
À ce moment là je n’avais pas prévu de faire un tel virage, en tout cas je n’osais pas encore l’imaginer.
Puis plus tard, à force de me renseigner sur les métiers du bois et sur les différentes formations possibles, le CAP m’a apparu comme incontournable. J’ai envoyé des candidatures à plusieurs écoles, sans être totalement sûre de moi mais en étant complètement sincère et honnête.

Où avez-vous trouvé les réponses à vos interrogations ? Qu’est-ce qui vous a le plus aidé ?

Le bilan de compétences a complètement répondu à mon besoin de réassurance. Avec ma conseillère nous avons passé beaucoup de temps à décortiquer mon parcours pro et l’ensemble de mes réalisations, et j’ai énormément gagné en confiance en moi. De même, les différents tests de personnalité m’ont permis de mieux comprendre pourquoi j’étais mal à l’aise dans certaines situations pro que d’autres recherchaient au contraire.
À la fin du bilan je n’avais pas de plan d’action très clair pour la suite, mais je savais que j’avais toutes les cartes en main si un jour je souhaitais me mettre en mouvement.
J’ai ensuite complété mon cheminement avec beaucoup de lectures, beaucoup de discussions et beaucoup de bricolages pour commencer à me faire la main.

Combien de temps vous a pris votre reconversion, Camille ?

Après avoir quitté mon CDI je me suis accordé un an sans objectif de rentabilité. J’ai simplement pris le temps de ne faire que des choses qui me faisaient envie, d’apprendre des choses nouvelles et désapprendre mes vieilles habitudes. C’est lors de cette période que j’ai redécouvert le plaisir de bricoler et de travailler le bois. Petit à petit j’ai approfondi mon enquête métier, je me suis renseignée sur les formations et ai préparé mes candidatures. Mon projet de reconversion mûri doucement depuis deux ans désormais, mais il débute à peine !

Que faites-vous et dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui je prépare ma rentrée en CAP Ebéniste au sein des ateliers de la prestigieuse école Boulle. Je commence également à chercher des stages et à me constituer un nouveau réseau professionnel.
Je suis déjà très fière d’avoir réussi les sélections d’entrée de plusieurs écoles dont la plus réputée, très excitée aussi par ce nouveau projet professionnel qui se dessine devant moi. Il est encore plein d’incertitudes et de peurs, mais je sais qu’il s’agit du bon chemin pour moi.

Camille, quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaiterait sauter le pas de la reconversion ?

Prendre son temps, se faire accompagner, en parler autour de soi et se détacher autant que possible de ce que les autres projettent sur vous.
La conseillère qui m’a accompagnée lors de mon bilan m’a dit  » Camille, c’est en faisant des petits pas que le chemin se fait, même si au début on ne sait pas trop où l’on va« .  J’aime cette philosophie réaliste et rassurante.

J’ai eu du mal à assumer cette envie de reconversion, j’avais peur d’être incomprise et de décevoir mes anciennes relations professionnelles. Par ailleurs je ne me reconnaissais pas du tout dans ce cliché de la trentenaire parisienne qui cherche le sens de sa vie en travaillant un matériau vivant après des années passées devant un ordinateur. C’est à force de lire des témoignages différents, d’en parler à des proches et à des moins proches que mon projet s’est clarifié puis est devenu réel dans mon quotidien.

Pour l’anecdote, à un moment où je ne parlais de mon projet qu’à demi-mot, en m’excusant presque, j’ai eu rendez-vous avec un nouveau dentiste, qui m’a demandé très administrativement quel était mon métier. C’est la première fois que je me suis entendue dire “Je travaillais dans la communication mais je vais me reconvertir pour devenir ébéniste.” J’ai réalisé que c’était simple à dire en fait !

Merci à toutes celles et ceux qui m’ont encouragée, soutenue et aidée à mûrir ce nouveau projet professionnel.

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