[Femme Inspirante #17] Aider les femmes à monter leur projet professionnel, c’est la vocation de Claire !

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claire aide les femmes à monter leur projet professionnel

Après des études en Psychologie du Travail, Claire a travaillé dans différents domaines. Elle a finalement de trouver sa voie professionnelle : l’accompagnement des personnes en reconversion professionnelle ou en recherche d’emploi. Après plus de 12 ans d’expérience, elle saisit une nouvelle opportunité et passe « de l’autre côté de la barrière ». Elle intègre une équipe de développement. Elle accompagne les personnes dans leur projet professionnel.

Quel est votre métier ?

Je suis Conseillère Technique Emploi et Création d’Activité. C’est un peu l’équivalent d’une Chargée de mission.

Je m’occupe du suivi, de la coordination administrative et de la communication sur des projets dans les domaines de l’Emploi, l’équilibre Vie Professionnelle – Vie Personnelle, l’Egalité Professionnelle et la création d’entreprise. Je suis également amenée à organiser des manifestations liées à la mise en œuvre et la restitution de ces projets.

J’anime des groupes de travail sur les mêmes thèmes afin de concevoir de nouveaux outils ou méthodologies d’accompagnement à destination des personnes de notre réseau.

J’anime ou co-anime également des actions de sensibilisation à l’égalité entre les femmes et les hommes et la mixité des métiers.

Une autre partie de mon poste consiste également à développer les partenariats avec les acteurs de l’emploi, de la formation et de la création d’entreprise.

Quel a été votre parcours pour en arriver là ?

J’ai suivi mes études universitaires à Montpellier. Nous avions différents modules très intéressants et déjà, j’étais attirée par celui relatif à l’élaboration du projet professionnel, aux bilans de compétences, à l’accompagnement vers l’emploi.

J’ai pu faire mes premières armes dans un centre de formation en animant des ateliers sur les « Techniques de Recherche d’emploi » auprès d’un public en formation qualifiante. Je les accompagnais pour la rédaction de leur CV, de leur lettre de motivations, la préparation aux entretiens de recrutement.

Puis, j’ai quitté la métropole pour aller travailler 4 ans en Martinique. Je n’ai pas réussi à trouver un emploi dans le domaine de l’insertion professionnelle alors j’ai intégré un cabinet d’huissier de justice.

A mon retour en métropole, je suis venue m’installer sur Paris. J’ai intégré une association spécialisée dans l’accompagnement des femmes vers l’emploi. J’y ai suivi une formation à la méthode ADVP (Aide au Développement Vocationnel et Personnel) qui a pas mal bouleversé la manière dont je voyais l’accompagnement des personnes. Cette méthode permet de placer la personne au cœur de son projet professionnel. Le mot « accompagnement » a pris tout son sens pour moi. On ne décide pas pour la personne, on la laisse explorer, se tromper, avancer, revenir en arrière…

Cela peut être très déstabilisant à certains moments mais les résultats sont très positifs par la suite. Le projet est ainsi mûrement réfléchi et prend en compte tous les aspects de la vie, le professionnel et l’extra professionnel. Dans cette association, j’ai vraiment pu développer mon expertise de l’accompagnement des personnes dans l’élaboration de leur projet professionnel, leur recherche d’emploi, les bilans de compétences.

Quelles sont les autres compétences que vous avez pu développer ?

J’ai également développé d’autres compétences comme la participation aux réponses aux appels à projets, le pilotage et le suivi de projets, la rédaction de bilans d’action, les rencontres avec les partenaires, la gestion d’une équipe. Hélas, la structure a dû déposer le bilan.
J’ai pu bénéficier du réseau relationnel de la directrice régionale en intégrant un grand cabinet de ressources humaines. Là encore, j’ai beaucoup appris puisque, en plus des entretiens individuels, je gérais une équipe de 6 personnes, je mettais en place des plannings, créais des outils de suivi.

Puis, pour des raisons d’articulation des temps familiaux et professionnels, j’ai souhaité trouver un emploi plus proche de mon domicile. J’ai intégré un organisme de formation qui proposait de l’accompagnement de jeunes de moins de 25 ans vers l’emploi, des prestations Pôle Emploi et des bilans de compétences. Cette expérience a été un peu compliquée et a beaucoup remis en question mon avenir dans l’accompagnement des personnes. Je travaille avec des personnes, des humains et non des objectifs quantitatifs. Cela ne correspond pas à mes valeurs personnelles et professionnelles.

Lorsque j’ai quitté cet emploi, j’ai décidé de prendre un peu de temps pour réfléchir à mon avenir professionnel. J’ai rencontré de nombreuses structures… J’étais sur le point de me lancer en tant que Consultante Free Lance quand j’ai reçu une alerte Pôle Emploi pour un poste de Conseillère Technique dans le domaine de l’emploi et la création d’activité. Quand j’ai lu le descriptif du poste, je me suis dit « Mais c’est ça que je veux faire ! Ce poste est pour moi ! ». Et voilà, cela fait maintenant plus de 6 ans que j’occupe ces fonctions.

Sur quels types de projets êtes-vous amenée à travailler ?

Tout ce qui concerne l’emploi et la création d’entreprise, notamment pour les femmes. C’est un sujet qui nécessite de travailler sur la mixité des métiers, l’élargissement des choix professionnels, les freins à l’emploi des femmes (dont les modes de garde d’enfant, la conciliation vie pro-vie perso), l’égalité professionnelle…

J’ai participé à la rédaction et au pilotage de différents projets sur l’articulation des temps, sur le sport comme levier à l’insertion socioprofessionnelle pour les femmes, l’accompagnement des femmes séniores vers l’emploi… Il y a beaucoup de choses à construire dans ces domaines pour lever les freins et favoriser l’autonomie des femmes.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans ce métier ?

La vie d’un projet. Chaque projet professionnel, c’est un peu comme un nouveau bébé. Je participe à son élaboration, je propose des objectifs, des déroulés pédagogiques, des outils à mettre en place. Nous travaillons ensuite en équipe sur ces outils, la méthodologie à mettre en place, sur les outils de communication de manière à faire connaître ce projet.

Quand le projet est lancé, vient la phase de suivi, les groupes de travail, les ajustements face aux difficultés rencontrées. C’est à ce moment-là que le projet prend vraiment vie, qu’on commence à mesurer les effets, les résultats, les changements sur les personnes qui sont accompagnées. Et puis vient le moment de restituer les résultats, de mesurer les écarts entre ce qu’on avait imaginé au départ et ce qui s’est réellement passé. Et quand les résultats du projet dépassent tous les objectifs qu’on s’était fixés au départ, quand les retours sont très positifs, quand les personnes accompagnées peuvent voler de leurs propres ailes, c’est un moment très fort en émotions.

Avez-vous rencontré des difficultés ?

La prise de parole en public. J’ai animé des groupes dans le cadre de mes accompagnements vers l’emploi. Mais ils ne dépassaient jamais 10 ou 12 personnes.
Dans le cadre de mon travail, je suis amenée à animer des sessions de sensibilisation sur la mixité des métiers.  Je dois présenter des projets ou parler de ma structure par exemple. Je suis à l’aise quand les groupes sont restreints. Mais il m’est arrivé de devoir prendre la parole devant des assemblées de 50 personnes, 100 personnes ou même 200 personnes. Et là, difficile de ne pas me laisser submerger par le stress.

J’ai suivi une formation à distance pour gérer la prise de parole en public. Cependant, il n’y a que la pratique qui me permet de me sentir plus à l’aise dans ce genre d’exercice.

Qu’est-ce qui vous rend épanouie dans votre métier ?

De travailler pour une structure qui met l’humain au cœur de ses accompagnements. De pouvoir proposer des manières de lever des freins à l’emploi de manières innovantes. Je suis l’évolution de ces projets en ayant le sentiment de faire avancer les choses pour les personnes. Je me sens utile.

L’ambiance de travail est également très importante. Mon équipe est constituée de personnes passionnées et engagées dans des domaines d’activité variées. Nous travaillons donc en complémentarité et chaque personne apporte sa pierre à l’édifice.

Quelles sont, selon vous, les qualités requises pour aider les personnes dans leur démarche ?

Etre à l’écoute des personnes, de leurs attentes, de leurs besoins. Chaque personne est unique, a son histoire personnelle, son vécu, ses intérêts propres et ses contraintes. On ne peut pas calquer le parcours d’accompagnement d’une personne sur une autre. Il faut savoir entendre ce qui freine les personnes dans leur projet sans aucun jugement. Comprendre que parfois, ce n’est pas le bon moment pour elle de s’engager dans des démarches. Et cela peut-être parce qu’elle rencontre des difficultés qui vont demander du temps à se résoudre. Alors, cela ne sert à rien de la brusquer pour qu’elle fasse telle ou telle démarche. Cela sera voué à l’échec. Il faut de l’empathie mais aussi, savoir se mettre des limites pour se protéger face à certains parcours de vie.

Quels ont été les meilleurs choix de carrière que vous ayez faits jusqu’à maintenant ?

Refuser de travailler pour des organismes avec lesquels je ne partage pas les mêmes objectifs. Cela se fait au détriment de mon évolution professionnelle, de mon salaire ou des primes que j’aurai pu obtenir. Mais je suis en paix avec moi-même et mes valeurs.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à une femme qui souhaiterait créer son entreprise ?

De bien anticiper la question de l’articulation des temps ! La création d’entreprise exige un long temps de préparation en amont et une grande disponibilité dans la phase de développement.

Mais, les femmes sont encore à 80 % responsable de l’organisation familiale et des tâches domestiques. Comment réussir à mener de front le développement de son activité alors que de nombreuses tâches personnelles devront être accomplies en même temps ?

L’articulation entre les temps consacré au travail, à la famille, aux besoins physiologiques n’est pas aisée. Et cela peut être à l’origine de l’abandon du projet. C’est le cas notamment pour les femmes à la tête d’une famille monoparentale (soit 30 % des créatrices).

Il faut prendre conscience de ça et travailler sur les différents temps de vie en amont et pendant la création. C’est pour moi une condition indispensable à la réussite des projets de création mais aussi post-création.

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite être épanouie dans sa vie professionnelle ?

L’épanouissement est une chose très personnelle. Au moment de réfléchir à son projet professionnel, il est important de prendre le temps de se poser quelques instants. Il faut réfléchir aux conditions de travail que l’on souhaite trouver dans un emploi. Il faut aussi penser à celles qu’on ne veut plus du tout rencontrer.
Et puis, comme pour un projet de création d’entreprise, il ne faut pas oublier la question de l’articulation vie professionnelle et vie personnelle. Notamment, à la répartition des tâches au sein du couple. Ce n’est pas toujours facile de trouver le bon équilibre entre le travail et la famille. Quand cela ne va pas bien dans un domaine, cela se ressent dans l’autre. Alors avant de foncer tête baissée dans une reconversion, il faut se pencher sur cette question de qui fait quoi à la maison. Il faut penser à l’impact que cela peut avoir sur une nouvelle organisation par rapport à un emploi. Cela permet d’éviter des situations de mal-être professionnel ou personnel.

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