[Femme Inspirante #8] Sophie GOURION : devenir consultante pour aider les femmes

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Sophie Gourion a suivi la formation 5A Conseil pour devenir Consultante.

J’ai 45 ans et beaucoup de casquettes différentes. Je suis consultante certifiée en accompagnement professionnel, auteure jeunesse (« Les garçons/les filles peuvent le faire aussi » sorti chez Gründ en février 2019) et conférencière sur les sujets d’égalité femmes/hommes. J’interviens également en école de journalisme pour sensibiliser les étudiant.e.s au traitement journalistique des violences sexistes et sexuelles. Enfin, je suis l’auteure du blog « Tout à l’ego », du Tumblr « Les mots tuent » et la créatrice du podcast « Corps et âme ».

Pouvez-vous nous parler de votre parcours avant votre reconversion professionnelle ?

J’ai un parcours plutôt atypique car j’en suis déjà à ma deuxième reconversion ! J’ai travaillé 11 ans au sein du groupe L’Oréal. D’abord en tant que coordinatrice marketing, acheteuse puis cheffe de projet web. Après cette belle et longue expérience, j’ai eu envie d’autre chose. L’écriture a été le fil rouge de ma vie mais je n’avais jamais réellement osé me lancer. Fille de libraire, j’ai toujours écrit dans des cahiers puis sur des blogs. Cette fois-ci, j’ai décidé d’écouter ma petite voix et d’aller au bout de l’expérience. J’ai rouvert un blog, suivi une courte formation au CFPJ puis ai proposé des articles à des rédactions web sur les sujets d’égalité femmes/hommes, ma thématique de prédilection. Je me suis inscrite sur Twitter et rapidement mes écrits ont été massivement partagés. J’ai pu ainsi écrire pour Slate, Rue89, Aufeminin, L’Express Styles, le Huffington Post, le Monde. Malheureusement, le statut de pigiste est précaire et même si l’expérience a été personnellement enrichissante, elle l’a moins été financièrement.

Quelle a été votre première reconversion ?

J’ai été contactée par la Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol. On se suivait mutuellement sur les réseaux sociaux. Elle lisait mes écrits et a donc pensé à moi pour rejoindre son cabinet en tant que conseillère communication. C’était une expérience passionnante. J’ai pu travailler avec des centaines d’associations. Nous avons lancé une campagne de 6 mois intitulée « Sexisme pas notre genre » (bien avant #metoo). Celle-ci a donné lieu à plus de 700 initiatives labellisées sur tout le territoire. J’ai rencontré des personnes extraordinaires ! C’était vraiment exaltant de se lever chaque matin en se disant que l’on allait changer le monde. Au sortir de cette expérience fabuleuse, j’ai eu un peu de mal à savoir ce que je voulais vraiment faire.

En quoi vous ne vous retrouviez plus dans votre job précédent ?

J’ai adoré faire de la communication pour servir une grande cause, faire de la pédagogie et contribuer à faire avancer les mentalités. Néanmoins, je me suis rendu compte que je n’avais plus envie de le faire pour des sujets moins porteurs de sens. Mes leviers de motivations étaient l’utilité sociale et la créativité. Communiquer pour communiquer, sur n’importe quel sujet ou produit, ne correspondait plus à ce que j’avais envie de faire. J’ai passé plusieurs entretiens pour travailler dans la communication. J’en ressortais avec la boule au ventre et l’appréhension d’être recrutée. Et puis, la question de l’âge est vite devenue problématique ! A 25 ans, on me disait que je n’avais pas d’expérience, à 30 que j’allais faire des enfants, à 35 que j’allais m’absenter pour m’occuper d’eux. Et à 45, maintenant que mes enfants étaient plus autonomes, on me disait que j’étais trop âgée ! En entretien, on m’a même demandé si je saurais me servir des réseaux sociaux (alors que j’ai un blog, un Tumblr et un podcast !). J’avais beaucoup de mal à m’imaginer dans un poste cloisonné et pas assez polyvalent.

Avec le recul, quels sont les aspects positifs que vous retenez de votre reconversion professionnelle ?

Le plus important, c’est le sentiment d’être parfaitement alignée et en congruence avec ce que je sais faire, ce que j’aime faire et ce que je peux apporter à la société ! Le métier de consultante en accompagnement professionnel me permet d’allier mon expérience des divers environnements professionnels (grands groupes, PME, freelance, ministère…) à ma connaissance des freins et des blocages limitant la carrière des femmes. C’est un métier porteur de sens et dans lequel chaque accompagnement est différent. On ne s’ennuie jamais et on apprend toujours. Il me permet également d’avoir du temps pour mes activités annexes comme l’écriture, les conférences, les cours. Enfin, c’est un métier où mon expérience est un atout ! J’ai travaillé dans des environnements très différents. J’ai aussi déjà vécu 2 reconversions réussies ! Je suis donc à même de comprendre et d’accompagner les personnes en situation de transition professionnelle.

Vous avez 2 enfants, comment réussissez-vous à concilier votre job de consultante et votre vie de famille ?

J’ai une fille de 10 ans et un garçon de 13 ans. Quand j’étais au ministère, j’étais celle qui rentrait le plus tôt à la maison. Dîner avec les enfants était pour moi un incontournable. Ça ne m’empêchait pas de continuer à travailler et d’être joignable ensuite. Le fait d’être devenue freelance me permet d’adapter mon travail à ma vie personnelle. Je suis là le mercredi après-midi et quand les enfants rentrent le soir. En revanche, il y a certains soirs et matins où je suis à mon bureau pour travailler dans le calme. Ce n’est pas toujours évident pour l’entourage. Pour beaucoup de personnes, travailler de la maison = ne pas travailler. Heureusement, j’ai une famille proche qui est toujours là pour garder les enfants ou me dépanner en cas de rush. C’est très précieux.

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaiterait sauter le pas de la reconversion ?

– Ecouter sa petite voix intérieure : en général, le corps est très bavard pour tirer la sonnette d’alarme ! On ne dort pas assez ou on dort trop.On est démotivé.e. C’est souvent le signe qu’il est temps d’aller voir ailleurs !
– Demander l’avis de ses proches (mais pas trop quand même 😊) : dès que j’ai commencé à parler de ma reconversion, beaucoup m’ont dit « oh mais je te vois tellement faire ça, c’est tellement toi ! ». Ca permet de prendre la température et de vérifier qu’on est sur la bonne voie. En revanche, l’avis de certains proches est parfois à relativiser. Beaucoup projettent leurs peurs ou leurs croyances. Il est donc important de se confronter rapidement à la réalité en activant son réseau et en discutant avec des personnes exerçant le métier visé.
– En parler à sa famille : une reconversion implique souvent un bouleversement au sein de la cellule familiale. Au niveau des horaires mais aussi du point de vie financier. C’est un nouvel équilibre à trouver. D’où l’intérêt d’en discuter avec son conjoint et ses enfants. Il faut les prévenir de ces changements et les impliquer pour pouvoir être accompagnée au mieux. Parfois on a tendance à ne leur parler que des contraintes. Il est aussi important de faire passer le message que les satisfactions liées à cette reconversion rejailliront sur l’ensemble de la famille !
– Se faire accompagner : en situation de transition professionnelle, il n’est pas rare d’être perdu.e, fragilisé.e. On ne sait plus mettre des mots sur ses compétences ou ses envies. Le bilan de compétences, à travers un accompagnement sur-mesure, permet d’y voir plus clair et de bâtir un projet concret, réaliste et motivant. En plus, il est financé à 100 % dans la très grande majorité des cas. Plus aucune excuse donc pour ne pas se lancer 😊 !

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