Les femmes face aux inégalités et aux mutations de la famille

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inégalités homme femme

En 2015, France Stratégie a analysé les effets de la progression du travail des femmes ainsi que des changements intervenus dans le couple et les structures familiales ces dernières années, sur les inégalités. Voilà le bilan : ces vingt dernières années, la hausse de l’activité des femmes fait chuter les inégalités de revenus entre femmes et hommes. Cependant, les inégalités de niveaux de vie restent stables. Pire, les évolutions du couple sont porteuses d’un risque social pesant sur les femmes. Celles-ci sont encore peu prises en compte par les pouvoirs publics : pauvreté, isolement, manque d’évolution professionnelle… Les femmes sont plus impactées que les hommes par les mutations sociétales concernant la famille.

Les nouveaux modes de vie familiaux changent la donne financière

En vingt ans, la part des Français vivant en couple a diminué de 78 % en 1996 à 69 % en 2015. Deux familles sur dix sont désormais monoparentales. Il y a une femme à leur tête pour trois quarts des cas. L’augmentation des divorces, une mise en couple plus tardive, des études plus longues, l’hyperdigitalisation sociale sont des mutations sociétales observées ces dernières années. Ces éléments impactent la vie financière des familles à plus ou moins long terme.

Vivre en couple stabilise les revenus financiers

Pourtant les couples tirent toujours leur épingle du jeu. Et ce, pour une raison simple : il y a moins d’inégalités de revenus au sein des couples car les femmes travaillent plus. Leur taux d’activité a augmenté de 10 points entre 1996 et 2015, divisant par deux la part des couples dont un seul des conjoints travaille. D’ailleurs, si trois femmes sur quatre gagnent toujours moins que leur conjoint, l’écart de salaire se resserre un peu. Une évolution traduit un rééquilibrage des contributions des conjoints aux revenus du ménage. La contribution des femmes passe en moyenne de 30 % à 39 % sur la même période. Néanmoins, les couples ne se forment pas au hasard sur l’échelle des revenus d’activité. En 1996, un couple sur cinq était constitué de conjoints appartenant au même groupe de revenu. C’est un sur quatre en 2015.

Vers une augmentation des foyers modestes

La part des ménages modestes augmente depuis 20 ans mais ce sont les foyers monoparentaux qui sont le plus affectés. Le couple est considéré comme un rempart contre la pauvreté par l’Etat. Cela se confirme dans les faits. Pire, la hausse du travail des femmes accentue même le phénomène. Elles bénéficient de moins d’aides sociales que si elles ne travaillaient pas ou peu. Et ce, même si elles occupent souvent des emplois peu rémunérés. Ce sont toujours les familles, sur le modèle classique, qui bénéficient le plus d’aides. Cela renforce la pauvreté des foyers monoparentaux, dont un tiers vit sous le seuil de pauvreté, et accentue les inégalités sociales.

Une évolution sociétale pas encore prise en compte par l’Etat

Si on analyse les niveaux de vie, après redistribution publique, on constate une hausse des inégalités sur 1996-2015. Certes, elles sont limitées par les aides sociales, mais elles ne permettent pas de compenser les mutations sociétales de ces vingt dernières années. Celles-ci accentuent la pauvreté, en particulier chez les personnes seules, les couples à faibles revenus d’activité et les familles monoparentales. Le système de redistribution publique français repose encore largement sur l’hypothèse de mise en commun des ressources dans le couple. Au contraire, celui-ci est de moins en moins la norme. Le nombre de familles monoparentales et des personnes vivant seules va certainement continuer de croître ces prochaines années. Néanmoins, la progression du taux d’emploi des femmes devrait être plus modérée. Le taux d’emploi des femmes atteint déjà 67,6 % en 2015, progressant de 3,2 points en 10 ans.

Suite à cette étude, on observe que malgré le fort taux d’emploi des femmes, leur émancipation et leur accès à de meilleurs emplois ces dernières décennies, ce sont malheureusement toujours elles qui sont affectées par les mutations sociétales. En somme, cela accentue encore un peu plus les inégalités entre hommes et femmes.

Espérons que lors d’une prochaine étude sur ce thème, les chiffres leurs soient plus favorables, suite à cette prise de conscience.

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